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Le blog de JiPéL

Le métier retouvé des maîtres par Claude Yvel

18 Avril 2018 , Rédigé par JiPéL Publié dans #Lecture

"Le métier retrouvé des maîtres, la peinture à l'huile" est un livre de 160 pages (22 cm x 29 cm), paru en 1991, Flammarion éditeur.

Il n'est aujourd'hui plus édité et semble épuisé. S'il est possible de le trouver assez facilement en occasion sur Internet, les prix y sont complètement délirants ... jusqu'à 300 euros ou davantage !

Cependant, après plusieurs années d'attente, j'ai enfin pu me procurer cet ouvrage à un prix raisonnable : 20 euros.

Comme son titre l'indique, "Le métier retrouvé des maîtres" est un ouvrage consacré à la peinture à l'huile ancienne, telle qu'elle était (probablement) pratiquée avant l'industrialisation des procédés de fabrication du matériel artistique, c'est-à-dire en gros avant le 19ème siècle .

L'auteur, Claude Yvel, est peintre, professeur dans une académie de peinture chinoise, chercheur et expérimentateur infatigable. Il sait donc de quoi il parle. Il a compilé dans ce livre les connaissances qu'il a acquises au cours de sa longue carrière.

Son livre est clair, rigoureux, accessible et passionnant (si on s'intéresse à cette matière évidemment).

En même temps, ce livre est un peu décourageant en cela qu'il démontre qu'il est aujourd'hui quasi impossible de peindre selon la technique de Léonard, Rubens, Velasquez, Poussin, etc.

L'auteur passe en revue les différents constituants d'un tableau : toile, apprêt, huile, solvant, vernis, pinceaux et bien sûr pigments. Il explique que les méthodes de fabrication de ces ingrédients ont radicalement changé pendant le 19ème siècle. Et pas toujours dans le sens d'une amélioration de la qualité, loin s'en faut.

Par exemple, il sera très difficile, voire impossible, à un particulier de se procurer de l'essence de térébenthine identique à celle qu'utilisait Chardin et ses collègues. Sauf à la fabriquer soi-même, ce qui serait bien long et sans doute onéreux.

Même remarque concernant la plupart des pigments, aujourd'hui synthétiques, certains ont même totalement disparus, à cause de leur toxicité notamment (on ne s'en plaindra donc pas ...).

En revanche, il doit être encore possible de trouver de l'huile de noix pressée dans les règles.

L'industrialisation permet une baisse des couts de production et aussi éventuellement, mais pas toujours dans les mêmes proportions, du prix de vente.

L'industrialisation ne serait pas un problème si la qualité du produit était préservée. Or, justement Claude Yvel pense que bien souvent, les industriels font passer la facilité et la baisse des couts avant la qualité du produit ...

 

Peut-être que les professionnels, entre autres les restaurateurs de tableaux, prennent-ils la peine de rassembler des substances plus authentiques dans leur atelier ? En tout cas Claude Yvel les y encourage en donnant de nombreuses recettes expérimentées par lui-même.

A noter que certains ingrédients de la peinture ancienne peuvent encore se trouver dans le commerce, par exemple auprès de la maison Kremer Pigmente GmbH.

 

Quoi qu'il en soit, je suis très content de cet achat : Claude Yvel répond dans son livre à toutes les questions que je me posais sur la peinture à l'huile d'autrefois et cette lecture m'a passionné.

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