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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 07:18

 

Comment oser copier van Gogh ?

Il faut une bonne dose d'inconscience... et peu d'exigence quant au résultat.

 

Comment copier van Gogh ?

Comment reproduire la fougue créatrice de van Gogh en travaillant posément, de façon réfléchie, avec des coups de pinceau hésitants et précautionneux ?

Si l'on dispose d'une grande reproduction d'une de ses toiles, une reproduction fidèle qui montre bien les marques de pinceau, la chose est peut-être possible, pour peu qu'on en ait la patience. Mais est-ce que cela peut nous apprendre quelque chose sur les conceptions de van Gogh ? J'en doute...

 

On peut tout de même essayer de comprendre comment il procédait. J'ai lu quelque part qu'il était "le moins technique des grands peintres", qu'il utilisait la peinture telle qu'elle sortait du tube et l'appliquait directement sur la toile, celle-ci quelquefois même pas apprêtée. De grands traits de peinture épaisse juxtaposés sans hésitation, ni repentir.

 

Etant donné le nombre de tableaux qu'il a produit dans les derniers mois de sa vie (quasiment un par jour !!), il devait en effet travailler très vite avec le minimum de reprises, voire pas du tout.

 

Bon, ben malgré toutes ces mises en garde, j'ai quand même essayé.

En petit format tout d'abord, puis au format réel quelques années plus tard (environ 70 cm x 90 cm). Mais ce dernier n'a pas été terminé. Je n'ai pas poussé le blasphème jusqu'au bout.

 

IMGP0067.jpg

D'après Les deux cyprès de van Gogh.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 12:22

Dans le premier volume de leur ouvrage "L'art au XVIIIème siècle", les Goncourt ne consacrent pas moins de cent pages à Chardin.

Il va être difficile de reproduire tout ce texte ici... Pour le moment je ne sais pas trop comment faire.


En attendant, il est possible de consulter ce livre et même de le télécharger sur Gallica, le serveur de la BNF.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 12:16

Diderot, le critique d'art, avait la dent dure, l'ironie facile quand il commentait les tableaux exposés au "Salon". Pourtant, il ne tarissait pas d'éloges au sujet des tableaux de Chardin.


 

En 1759 Diderot écrit :

 

Il y a de Chardin un Retour de chasse ; des Pièces de gibier  ; un Jeune élève qui dessine, vu par le dos ; une Fille qui fait de la tapisserie ; deux petits tableaux de Fruits ; c'est toujours la nature et la vérité. Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ; les pêches et les raisins éveillent l'appétit et appellent la main. M. Chardin est homme d'esprit, il entend la théorie de son art ; il peint d'une manière qui lui est propre, et ses tableaux seront un jour recherchés. Il a le faire aussi large dans ses petites figures que si elles avaient des coudées. La largeur du faire est indépendante de l'étendue de la toile et de la grandeur des objets. Réduisez tant qu'il vous plaira une Sainte Famille de Raphaël et vous n'en détruirez point la largeur du faire.


 

Concernant les oeuvres de Chardin exposées au Salon de 1761, Diderot dit :

 

 

On a de Chardin un Benedicite, des Animaux, des Vanneaux, quelques autres morceaux. C'est toujours une imitation très-fidèle de la nature, avec le faire qui est propre à cet artiste ; un faire rude et comme heurté ; une nature basse, commune et domestique.

Il y a longtemps que ce peintre ne finit plus rien ; il ne se donne plus la peine de faire des pieds et des mains. Il travaille comme un homme du monde qui a du talent, de la facilité, et qui se contente d'esquisser sa pensée en quatre coups de pinceau. Il s'est mis à la tête des peintres négligés, après voir fait un grand nombre de morceaux qui lui ont mérité une place distinguée parmi les artistes de la première classe.

Chardin est homme d'esprit, et personne peut-être ne parle mieux que lui de la peinture. Son tableau de réception, qui est à l'Académie, prouve qu'il a entendu la magie des couleurs. Il a répandu cette magie dans quelques autres compositions, se trouvant jointe au dessin, à l'invention et à une extrême vérité, tant de qualités réunies en font dès à présent des morceaux d'un grand prix. Chardin a de l'originalité dans son genre. Cette originalité passe de sa peinture dans la gravure. Quand on a vu un de ses tableaux, on ne s'y trompe plus; on le reconnaît partout. Voyez sa Gouvernante avec ses enfants, et vous aurez vu son Benedicite.

 


En 1763, il écrit :

 

C’est celui-ci qui est un peintre ; c’est celui-ci qui est un coloriste.

Il y a au Salon plusieurs petits tableaux de Chardin ; ils représentent presque tous des fruits avec les accessoires d’un repas. C’est la nature même ; les objets sont hors de la toile et d’une vérité à tromper les yeux.

Celui qu’on voit en montant l’escalier mérite surtout l’attention. L’artiste a placé sur une table un vase de vieille porcelaine de la Chine, deux biscuits, un bocal rempli d’olives, une corbeille de fruits, deux verres à moitié pleins de vin, une bigarade avec un pâté.

 

60chanm2

- Le bocal d'olives - Musée du Louvre

Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j’aie besoin de me faire des yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n’ai qu’à garder ceux que la nature m’a donnés et m’en bien servir.

Si je destinais mon enfant à la peinture, voilà le tableau que j’achèterais. « Copie-moi cela, lui dirais-je, copie-moi cela encore. » Mais peut-être la nature n’est-elle pas plus difficile à copier.

C’est que ce vase de porcelaine est de la porcelaine ; c’est que ces olives sont réellement séparées de l’œil par l’eau dans laquelle elles nagent ; c’est qu'il n’y a qu’à prendre ces biscuits et les manger, cette bigarade l’ouvrir et la presser, ce verre de vin et le boire, ces fruits et les peler, ce pâté et y mettre le couteau.

C’est celui-ci qui entend l’harmonie des couleurs et des reflets. O Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile.

Après que mon enfant aurait copié et recopié ce morceau, je l’occuperais sur la "Raie dépouillée" du même maître. L’objet est dégoûtant, mais c’est la chair même du poisson, c’est sa peau, c’est son sang ; l’aspect même de la chose n’affecterait pas autrement. Monsieur Pierre, regardez bien ce morceau, quand vous irez à l’Académie, et apprenez, si vous pouvez, le secret de sauver par le talent le dégoût de certaines natures.

On n’entend rien à cette magie. Ce sont des couches épaisses de couleur appliquées les unes sur les autres et dont l’effet transpire de dessous en dessus. D’autres fois, on dirait que c’est une vapeur qu'on a soufflée sur la toile ; ailleurs, une écume légère qu’on y a jetée. Rubens, Berghem, Greuze, Loutherbourg vous expliqueraient ce faire bien mieux que moi ; tous en feront sentir l’effet à vos yeux. Approchez-vous, tout se brouille, s’aplatit et disparaît ; éloignez-vous, tout se recrée et se reproduit.

On m’a dit que Greuze montant au Salon et apercevant le morceau de Chardin que je viens de décrire, le regarda et passa en poussant un profond soupir. Cet éloge est plus court et vaut mieux que le mien.

Qui est-ce qui payera les tableaux de Chardin, quand cet homme rare ne sera plus ? Il faut que vous sachiez encore que cet artiste a le sens droit et parle à merveille de son art.

Ah! mon ami, crachez sur le rideau d’Apelle et sur les raisins de Zeuxis. On trompe sans peine un artiste impatient et les animaux sont mauvais juges en peinture. N’avons-nous pas vu les oiseaux du jardin du Roi aller se casser la tête contre la plus mauvaise des perspectives ? Mais c’est vous, c’est moi que Chardin trompera quand il voudra.

 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:21

J'ai lu dans divers ouvrages, que la technique traditionnelle de la peinture à huile était celle de la grisaille à laquelle on ajoutait, après séchage, les glacis.

Certains peintres exécutaient leurs oeuvres presqu'uniquement en glacis successifs jusqu'à obtention des couleurs voulues et du modelé recherché, sans passer par l'étape grisaille.

 

J'ai eu un peu de mal à comprendre ce que cela signifiait exactement. J'en sais un peu plus maintenant, mais suis bien loin de maîtriser le processus.

 

A titre d'exemple, voici où j'en suis aujourd'hui (on sera indulgent ...) :

 

Exécution en grisaille : mélange de bleu outremer, brun transparent et blanc de titane. Cela me prend plusieurs séances et s'étend donc sur plusieurs jours. Les peintres confirmés sont-ils plus rapides ?

D'autre part, je me demande si les ombres ne sont pas trop appuyées à ce stade.

 

Je m'arrête quand je pense ne plus pouvoir améliorer les choses. D'ailleurs, il serait parfois préférable d'en rester au stade de la grisaille que je trouve souvent plus intéressante que le tableau fini (je ne parle que de mes "tableaux" bien sûr ...).

 

IMGP1205.jpg

 

Une fois le travail en grisaille terminé, après séchage complet, on peut passer à l'application des glacis. Evidemment les glacis sont faits de couleurs transparentes de préférence et plusieurs couches sont nécessaires, par endroit jusqu'à six, voire davantage, mais il parait que ce n'est pas recommandé. Pour diluer la peinture j'utilise un médium à base de standolie, ce qui donne aux glacis un aspect d'émail, aussi brillant qu'un vernis si ce n'est plus.

 

La recette précise est : deux tiers de standolie, un tiers de vernis à retoucher et quelques gouttes de siccatif au cobalt. J'en prépare en quantité suffisante pour poser toutes les couches de glacis. Comme il est nécessaire d'attendre longtemps entre deux couches de glacis (8 à 15 jours), le médium a tendance à épaissir au fil des semaines, ce qui n'est pas une mauvaise chose.

J'utilise parfois la térébenthine de Venise.

La composition du mélange est alors :

* 6 volumes de vernis à retoucher (qui est lui même composé d'essence de térébenthine et de résine, genre dammar ou copal).

* 2 volumes de standolie.

* 1 volume de térébenthine de Venise.

* Et toujours quelques gouttes de siccatif au cobalt.

 

Quelquefois, au cours de la phase de pose des glacis, le dessin se détériore, je perds le fil ... Alors que, tout au contraire, il faudrait sans doute modeler encore par les glacis ... Cela nécessite de se remettre en condition avant de peindre, de bien ré-étudier le sujet et le tableau, bref de réfléchir avant d'agir, ce que j'ai bien du mal à faire !

 

IMGP0047

 

Juillet 2011 - peinture à l'huile sur contreplaqué 45 cm x 50 cm environ

 

 

 

Pendant qu'on y est voici deux autres natures mortes obtenues par la même méthode :

 

Une nature morte de l'été 2010 :

IMGP0073

 

et ceci qui est assez ancien et ... plus hésitant :

 

IMGP0081

 

Ainsi que les copies de Chardin comme "Le panier de fraises des bois", "Le gobelet d'argent", et d'autres.

 

En août 2013, j'ai réessayé la technique "grisaille + glacis" avec cette fois le Liquin comme unique médium.

On peut voir ici (La bouilloire en cuivre) le déroulement de l'exécution.

 

 

Au sujet des glacis, on pourra consulter deux très intéressantes contributions :

 

* "Glacis, effets et techniques" de Jean-Pierre Brazs, artiste peintre (à ne pas confondre avec le peintre officiel de la Marine, Jean-Pierre Le Bras).

 

* "Etude expérimentale et modélisation de la diffusion de la lumière dans une couche de peinture colorée et translucide". Thèse d'optique et de photonique soutenue en 2002 par Lionel Simonot.

Une grande partie de ce travail n'est compréhensible qu'aux physiciens spécialisés dans ce domaine, mais tout ce qui a trait à l'art est fort intéressant tout en étant accessible à nous autres mortels.

 

Cette thèse, et quelques autres sur le même thème, sont téléchargeables sur ce site.

 

A noter que ces deux personnes, Brazs l'artiste et Simonot le physicien, travaillent ensemble.

 

Je suis preneur de toutes informations techniques concernant les glacis.

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 09:20

25-07-2011-13-12-50_0002.jpg

 

Réalisé au couteau, en raclant bien la peinture à chaque fois, en plusieurs couches avec intervalles de séchage à plat, un  peu comme les glacis, d'ailleurs j'ai utilisé le même médium pour diluer la peinture.

Séchage de plusieurs jours entre deux couches, bien entendu.

 

Simultanément (pour rentabiliser les citrons ...) j'ai aussi réalisé ceci, par la méthode grisaille + glacis. C'est nettement moins fort.

IMGP0083

 

Janv. 2012. Après réflexion, quelques mois plus tard j'ai repris ce dernier tableau pour essayer de le rendre moins mièvre, en forçant les constrastes :

 

004-copie-1

 

C'est peut-être un peu mieux ...

 

IMGP0084

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 08:55

 

Connaissant mon admiration monomaniaque pour Chardin, un ami néo-parisien m'a offert une reproduction en étain, créée par le Louvre, du très fameux gobelet d'argent tant de fois peint par Jean-Siméon.

Depuis, ce fichu gobelet a tendance à apparaître un peu partout sous mes pinceaux ... avec un succès variable.

 

En voici quelques exemples parmi les moins ratés.


25-07-2011-13-54-52_0034.jpg

Le travail ci-dessus est le premier  tableau dans lequel j'ai appliqué, sans trop m'en rendre compte, la technique du glacis, du moins l'idée que je m'en fais. Je me souviens avoir été très surpris du rendu final, particulièrement en ce qui concerne le gobelet "d'argent" et la chope en étain. C'était la première fois que je faisais quelque chose qui tenait la route (selon mes critères de l'époque, peu exigeants).


 

J'ai craint un coup de chance que je ne saurais pas réitéré, alors je me suis lancé dans celui-ci :

25-07-2011-13-56-02_0035.jpg

Je ne prenais pas trop de risque : la même chose, sous un autre angle, mais ça permettait de mettre à l'épreuve mes compétences dans cette nouvelle technique. Pour ce qui est des objets représentés, on peut dire que c'est le même résultat que dans le premier tableau. Je commençais à penser que si je ne maîtrisais pas encore le truc, je tenais quand même quelque chose.

Mais il y avait, et il y a encore beaucoup de travail comme on s'en doute.


 

25-07-2011-13-19-00_0006.jpg

Ce tableau avec la casserole de cuivre, achetée peu avant (3 euros ...) dans un vide grenier, a bien failli ne jamais être terminé. Je n'en sortais pas, le sujet dépassait peut être mes moyens ou bien ça n'avançait pas assez vite. Finalement, j'ai réussi à me remotiver et, après plusieurs semaines de panne complète, le tableau a pu être fini.

Le gobelet et la bouteille semble légèrement distordus, mais je pense que c'est du à l'appareil photo.

 


 

25-07-2011-13-17-31_0005.jpg

La composition de celui-ci n'est peut-être pas des meilleures, je n'y connais pas grand chose.

En réalité, le tableau est moins sombre que cette photo heureusement. Cependant, j'admets que ce n'est pas très coloré ...

  IMGP0070.jpg

Ici c'est la deuxième fois que je tentais de m'expliquer avec le gobelet d'argent. Quant à la première tentative, il vaut mieux ne pas en parler ...

 

 

IMGP0056.jpg

Bof...

 

Etc.

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 06:12

 

Je suis fasciné par les natures mortes de Chardin. Voici quelques autres copies de ses tableaux que j'ai tentées.

    

IMGP0143

La très connue "Tabagie", je l'ai copiée deux fois mais ce n'est toujours pas satisfaisant. Il y a des objets de ce tableau que je ne parviens pas à identifier clairement. Ainsi, la coupe tout à fait à droite est-elle en verre, en métal ? Quelle est cette substance blanche mousseuse qu'elle contient ?


 

25-07-2011-13-30-43_0013.jpg

                     

Le justement célèbre "Gobelet d'argent", copié deux fois aussi, mais bon … Après l'avoir dissimulé au regard quelques mois, je le découvre à nouveau et tous les défauts me sautent à la figure. Le gobelet est indigent et difforme, les pommes pas fameuses et la photo tendrait plutôt à arranger les choses.


25-07-2011 13-39-56 0021

Le pendant du précédent, les "Trois poires et un verre de vin". J'ai beaucoup souffert avec ces poires, qui n'ont plus grand chose à voir avec l'original.



IMGP0048.JPG

 

 

 

IMGP0144

 

Ces deux dernières sont très petites : 25 cm x 18 cm environ ... Ce sont en fait les premières copies auxquelles je me suis essayé, d'où les nombreuses maladresses.

 

En juin et juillet 2011 j'ai réalisé cette copie :

 

IMGP0064

 

Il y a un gros défaut (enfin peut-être plus d'un) que je ne révèlerai pas.

Ce tableau est le pendant de cet autre, ci-dessous, que je n'ai pas su mener jusqu'au bout.


 

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  "Pichet d'étain avec corbeille de pêches". Mal commencé, je n'ai jamais eu le courage de le terminer ...

 

 

Le très célèbre "panier de fraise s des bois" :

002
 

 

Je n'en suis pas très satisfait, mais en travaillant longtemps sur ce tableau (aout et septembre 2011) j'ai compris un certain nombre de choses, je crois. Maintenant est-ce que je saurai utiliser ces nouvelles connaissances sur une toile ... ?

 

 

Il y a aussi une nature morte, très simple en apparence, que je loupe à chaque fois (et j'en suis à la cinquième tentative …) que voici :

003Pas encore complètement terminé si on veut ... Je vais encore essayer de rattrapper un détails ou deux, la gousse d'ail de droite par exemple. Je vous tiens au courant.


 

 

 

Chardin est aussi, et même surtout, célèbre pour ses "scènes de genre" : ce sont des tableaux, certains très connus, de personnages ordinaires dans leur vie quotidienne. Quelques uns mettent en scène des enfants. Mais pas d'aristocrates, ni de mendiants. Pas de paysans non plus, Chardin est-il jamais sorti de Paris ?

Je n'ai encore jamais essayé de copier ces tableaux. La présence des personnages m'intimide énormément.

 

Chardin n'a jamais peint de paysages ni même de scènes d'extérieur. Pas non plus de tableaux d'histoire (le grand genre à son époque), religieux (ouf !) ou mythologiques.


Il s'est apparemment peu essayé au portrait, sauf à la fin de sa vie, au pastel et avec quel talent !


Reste donc les natures mortes devant lesquelles on ne peut que s'incliner bien bas.

Pourtant j'y distingue deux catégories : celles avec animaux morts, tués à la chasse et les autres. J'avoue éprouver une certaine répulsion à l'idée de copier un tableau représentant un lièvre mort ou des perdrix abattues d'un coup de fusil, ou encore un canard pendu par les pattes. Sensiblerie ? Pourtant, je ne suis pas non plus végétarien, loin s'en faut.

Ou bien peut-être que la symbolique de tels "tableaux de chasse" n'est plus comprise à notre époque ?


Ceci dit pour apprendre à peindre plumes et poils, c'est sans doute la meilleure école.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 09:02

 

Dans le magazine publié par le Conseil Général des Côtes d'Armor, j'ai trouvé une photo pleine page d'un soudeur en action. Cette belle photo m'a tout de suite donné envie d'en faire un tableau, un faux autoportrait. Espérons que la personne derrière le masque ne me gardera pas rancune de cette usurpation d'identité.


J'ai préparé un panneau de contreplaqué 67 cm x 67 cm, avec une colle et un enduit fabriqués maison à base de caséine (voir cet article).


La photo était (est toujours ?) disponible sur internet, je l'ai imprimée en couleur avec une bonne définition, puis photocopiée par morceau avec l'agrandissement adéquat. Les morceaux une fois assemblés, les lignes principales du dessin ont été transférées sur le support à  l'aide de papier carbone …

Mais ça n'a pas suffi, loin de là, à obtenir un dessin convenable, il a donc fallu corriger, affirmer les lignes, bref s'approprier le dessin (c'est là évidemment l'intérêt des esquisses préliminaires réalisées par les vrais peintres, mais quand on est à la fois feignant et mauvais en dessin …).


Le dessin terminé a été recouvert d'une couche d'acrylique blanc assez peu couvrant : la peinture une fois sèche laissait apparaître très nettement le dessin, mais elle isole totalement (enfin j'espère) le dessin de la peinture à l'huile qui le recouvre.

Ensuite, peinture en grisaille : pour ma part il s'agit d'un mélange de bleu outremer, de brun transparent et de blanc de titane. C'est au cours de cette étape que je découvre vraiment le sujet et les problèmes qu'il va poser. Un peu tard …

Il a fallu plusieurs séances pour terminer cette phase. Comme nous étions en hiver, les heures de jour sont peu nombreuses, tout cela s'est trainé sur plusieurs semaines.


Et pour finir exécution des glacis, parfois jusqu'à six couches …


Autoportrait

 

Sur la photo, le soudeur est plongé dans une gerbe d'étincelles que je n'ai pas cru devoir reproduire. Peut-être une erreur ?

 

Initialement, la flamme du chalumeau était apparente, mais sur le tableau l'effet était nul : par absence d'un contraste suffisant, elle n'était pas du tout éblouissante comme il était prévu qu'elle soit et comme elle est sur la photo. Faute de comprendre où était mon erreur, j'ai été obligé de recouvrir cette partie de noir pour masquer la flamme.



Il faudrait aussi que j'apprenne à photographier correctement un tableau, pas vrai ?

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 08:49

 

La production du dimanche 24 juillet 2011 :


IMGP0054.JPG 

                                                  Peinture à l'huile ; papier spécial ; 28 cm x 20 cm.

 

Il y a longtemps que je n'avais plus peint de cette façon : en couche épaisse, en une seule séance d'une heure à peu près. Dans mon précédent travail avec des poivrons, j'ai été tellement lent qu'il a fallu jeter les modèles en train de pourrir et les remplacer au pied levé par des figurants sans talent. D'où l'idée cette fois de presser un peu le mouvement et de changer de technique.


Initialement, le projet était de juxtaposer des touches "carrées", directement de la couleur définitive. Mais je n'ai pas su m'en tenir à cette contrainte et j'ai fini par estomper comme d'habitude ... Toutefois les reprises ont été minimales.


D'autre part, cette pochade a été l'occasion de la première utilisation du Liquin. Bien agréable il faut le reconnaitre. (Merci Narcisse Steiner !).

 


Mais normalement ce n'est pas ainsi que je peins. Depuis plus de deux ans, j'essaie d'appliquer les règles anciennes de la peinture ou du moins, ce que je crois être ces règles ... A savoir : un travail en grisaille sur plusieurs séances, jusqu'à satisfaction ... ou lassitude. Puis des glacis successifs, tant pour le fond que pour les objets du premier plan avec des intervalles de plusieurs jours de séchage entre deux couches.


Cette tentative de copie d'un tableau de Chardin a été obtenue par la méthode des glacis. C'est évidemment très long, mais aussi on maitrise mieux l'avancée du travail.  Du moins, on en a l'impression.

 

IMGP0064.jpg


                                                      Huile ; toile ; 46 cm x 55 cm. Juin-juillet 2011.

 

On y retrouve le célèbre gobelet d'argent, présent dans une bonne douzaine des natures mortes de Chardin.

Il y a un grave défaut de symétrie dans ce travail mais l'ayant détecté trop tard, je ne suis pas parvenu à le corriger.

Aussi maladroite qu'elle soit, la photographie tend quand même à améliorer le tableau, ne serait ce qu'en masquant certaines imperfections, hélas bien visibles en format réel.  


Voici maintenant une production personnelle un peu sur le même thème (j'ai la chance de posséder une réplique du gobelet d'argent qui inspira Chardin).

Réalisé également par la technique des glacis en juin et juillet 2011.


IMGP0047

                                                                Huile ; contreplaqué ; 50 cm x 47 cm.

  

Évidemment, compte tenu de la durée du travail, les poires sont devenues blettes et il a fallu les remplacer. Ce qui n'est pas du tout satisfaisant.

Comment faisaient les peintres d'autrefois pour peindre fleurs et fruits dont la durée de vie n'excédait pas quelques jours ??

 

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 08:20

 

Je passerai sous silence mes très laborieux débuts ... Disons simplement que les cinq premières années n'ont pas été bien glorieuses. Je me suis aidé de magazines et de quelques livres pour débutants sans lesquels j'aurais certainement abandonné au bout de quelques semaines. Dans le plus grand secret, je réalisais mes petits coloriages, conscient de la nullité de ces barbouillages, mais obstiné. Seule ma compagne était au courant et ses encouragements étaient ... des plus mesurés. A juste raison.


Pourquoi alors persévérer ?

C'est là que ça pourrait devenir intéressant pour d'autres personnes qui en passeraient par les mêmes "épreuves".


J'ai poursuivi l'apprentissage pour deux raisons. Tout d'abord parce que, à chaque essai, dans un ensemble très moche, il y avait  tel ou tel petit détail, visible souvent de moi seul, qui n'était pas trop mal foutu finalement.

Ma toute première tentative représentait une porte cochère avec de grosses têtes de rivets ou de clous. A la fin, le seul morceau qui m'a paru à peu près acceptable était le modelé d'UNE de ces têtes de clous. C'est le premier "truc" que j'ai appris : trois valeurs d'une même couleur et ça fait un volume ! 


Ainsi que tous les gens qui se sont essayés à la peinture le savent, ces petits progrès, ces acquis sont cumulatifs, on ne les oublie pas, la main s'en souvient toujours. Petit à petit, on se constitue un bagage technique.

Donc on ne peut que progresser.


La deuxième raison qui m'a donné le courage de continuer d'apprendre, c'est la peinture de Chardin. Après environ deux ans d'essais divers et invariablement mauvais, je me suis lancé sans bien réfléchir dans la réalisation de copies de deux petits tableaux de Chardin, les plus petits qu'il a peints. Pas trop mécontent du résultat, j'ai alors entrepris la reproduction de "La fontaine de cuivre". Carrément.


Pourquoi ces tableaux ? D'une part j'aime beaucoup Chardin (c'est peu dire ...) et d'autre part, j'ai trouvé dans un livre des reproductions grandeur nature de ces toiles, il est vrai très petites.


A chaque fois, le dessin a été décalqué (eh oui !) puis j'ai peint comme j'ai pu et le résultat m'a bien plu, malgré ses nombreux et évidents défauts.

 

Voici le travail en question : IMGP0044.JPG

 

                                                   31 cm x 23 cm ; huile ; papier spécial.


Cette "réussite" (tout est relatif) m'a incité à poursuivre, malgré tout. Depuis j'ai tenté de copier d'autres toiles de Chardin, avec des fortunes diverses ...

 

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